C'est quoi un ETF ?
Des centaines d'entreprises en un seul achat : comment fonctionnent les ETF, ce qu'ils coûtent, et pourquoi ils sont si souvent conseillés pour débuter.
Module complété1. Un panier au lieu d'une seule action
Dans le module 1, vous avez vu qu'acheter une action revient à devenir copropriétaire d'une seule entreprise, avec un risque important : si cette entreprise traverse une mauvaise passe, tout votre placement en souffre. La parade s'appelle la diversification : répartir son argent entre beaucoup d'entreprises. Mais acheter une à une des dizaines d'actions coûte cher en frais et demande beaucoup de temps et d'argent de départ.
C'est exactement le problème que résout un ETF. Le sigle vient de l'anglais Exchange Traded Fund, que l'on traduit par « fonds indiciel coté » ou « tracker ». Un ETF est un fonds qui détient un grand nombre d'actions (ou d'obligations) à la fois, et dont les parts s'achètent en Bourse comme une action ordinaire. En achetant une seule part, vous possédez indirectement un petit morceau de chacune des entreprises du panier.
Prenons un exemple concret. Un ETF qui suit l'indice MSCI World vous expose, en une seule transaction, à plus d'un millier de grandes et moyennes entreprises de pays développés : Apple, Microsoft, Nestlé, LVMH, Toyota et bien d'autres. Si l'une d'elles s'effondre, elle ne représente qu'une petite part du panier, et l'impact sur votre placement reste limité.
Les ETF sont gérés par de grandes sociétés spécialisées, comme Amundi, iShares (BlackRock) ou Vanguard. L'argent des investisseurs est placé dans une structure séparée de la société de gestion : si celle-ci faisait faillite, les actifs du fonds ne serviraient pas à payer ses dettes.
Enfin, un ETF est coté en continu pendant les heures d'ouverture de la Bourse. Son prix évolue tout au long de la journée, en suivant la valeur des entreprises qu'il contient. Vous pouvez donc l'acheter ou le vendre à tout moment depuis un compte chez un courtier, exactement comme une action.
À retenir : un ETF, c'est un panier d'entreprises prêt à l'emploi, qui apporte en un seul achat la diversification qu'il serait long et coûteux de construire soi-même.
2. L'indice : la recette du panier
Un ETF ne choisit pas lui-même les entreprises qu'il achète. Il se contente de copier un indice, c'est-à-dire une liste d'entreprises établie selon des règles précises et publiques. C'est pour cela qu'on parle de gestion « passive » : personne n'essaie de deviner quelles actions vont le mieux marcher.
Vous connaissez sans doute certains indices. Le CAC 40 regroupe 40 grandes entreprises françaises. Le S&P 500 rassemble environ 500 grandes entreprises américaines. Le MSCI World couvre les grandes et moyennes entreprises d'une vingtaine de pays développés. Chaque indice a sa « recette » : quels pays, quelle taille d'entreprise, quel secteur, et quel poids donner à chacune.
Dans la plupart des grands indices, chaque entreprise pèse selon sa taille en Bourse, sa capitalisation. Les géants occupent donc une grande place. Dans le MSCI World, par exemple, les entreprises américaines représentent environ 70 % du total, et quelques grandes entreprises technologiques y pèsent lourd. Diversifié ne veut pas dire équilibré : il est utile de savoir ce que contient vraiment l'indice que l'on achète.
Pour copier son indice, un ETF peut fonctionner de deux manières. Avec la réplication physique, il achète réellement les actions de l'indice. Avec la réplication synthétique, il détient un autre panier d'actions et passe un contrat d'échange, appelé swap, avec une banque qui lui verse la performance exacte de l'indice. Les deux méthodes sont encadrées ; la seconde permet par exemple à des ETF d'actions mondiales d'être éligibles au PEA.
Sur chaque fiche ETF de Klar, vous trouverez l'indice suivi et le mode de réplication. Avant d'acheter un ETF, commencez toujours par regarder quel indice il copie : c'est lui qui détermine ce que vous possédez réellement.
3. Les frais, l'arme secrète des ETF
Comme un ETF se contente de copier un indice, il n'a pas besoin d'une équipe de gérants chargée de sélectionner les actions. Ses frais sont donc généralement bien plus bas que ceux des fonds dits « actifs », où des professionnels choisissent les titres en espérant faire mieux que le marché.
Ces frais sont indiqués sous le nom de frais courants, ou TER (Total Expense Ratio). Ils sont exprimés en pourcentage par an et prélevés automatiquement sur la valeur du fonds : vous ne recevez pas de facture, mais la performance de l'ETF est légèrement inférieure à celle de l'indice. Pour les ETF d'actions les plus courants, le TER se situe souvent entre 0,05 % et 0,5 % par an. Dans le catalogue Klar, l'Amundi PEA S&P 500 affiche par exemple 0,12 % par an, et l'Amundi MSCI World Swap (PEA) 0,38 %.
Une différence de quelques dixièmes de pour cent paraît minuscule. Pourtant, elle se répète chaque année et s'applique à un capital qui grossit : sur 20 ou 30 ans, l'écart peut représenter plusieurs milliers d'euros. Le simulateur de Klar permet de le constater en faisant varier les frais annuels.
Il existe aussi des frais qui ne dépendent pas de l'ETF, mais de votre courtier : les frais de courtage payés à chaque achat ou vente, et parfois des frais de tenue de compte. Pour de petits versements réguliers, ces frais peuvent peser plus que le TER lui-même. Comparez-les avant d'ouvrir un compte.
À retenir : à indice identique, l'ETF le moins cher est souvent le meilleur choix sur le long terme, car on ne peut pas prévoir les performances, mais on peut maîtriser ses frais.
4. Capitalisant, distribuant, PEA : s'y retrouver
Les entreprises contenues dans un ETF versent des dividendes. L'ETF peut en faire deux usages. Un ETF distribuant vous reverse ces dividendes, en général une à quatre fois par an, sur votre compte. Un ETF capitalisant les réinvestit automatiquement dans le fonds : vous ne recevez rien, mais la valeur de chaque part augmente d'autant.
Pour quelqu'un qui investit sur le long terme et n'a pas besoin de revenus immédiats, la version capitalisante est souvent la plus simple : les dividendes travaillent à leur tour, sans aucune action de votre part, et vous évitez d'avoir à les réinvestir vous-même. Selon l'enveloppe fiscale utilisée, elle peut aussi éviter une imposition annuelle des dividendes.
L'enveloppe, justement, compte beaucoup. En France, le PEA (plan d'épargne en actions) offre une fiscalité avantageuse après cinq ans de détention, mais il n'accepte que des actions européennes… ou des ETF qui en respectent les règles. Grâce à la réplication synthétique vue plus haut, de nombreux ETF qui suivent le monde entier ou les États-Unis sont pourtant éligibles au PEA. Sur Klar, le filtre « PEA éligible » du catalogue et l'étiquette PEA des fiches vous permettent de les repérer.
Hors PEA, les ETF se détiennent sur un compte-titres ordinaire ou dans certains contrats d'assurance vie. Le prochain module du parcours détaillera le fonctionnement du PEA.
5. Les risques d'un ETF
La diversification réduit le risque lié à une seule entreprise, mais elle ne le supprime pas. Un ETF d'actions suit son marché, à la hausse comme à la baisse. Quand l'ensemble des Bourses recule, comme en 2008, en 2020 ou en 2022, un ETF monde recule lui aussi, parfois de plus de 30 % en quelques semaines. Le capital n'est jamais garanti.
Il faut aussi regarder la concentration réelle de l'indice. Un ETF « monde » très dominé par les États-Unis et la technologie dépend fortement de ces deux moteurs. Un ETF sectoriel ou d'un seul pays est encore plus concentré, et donc plus risqué qu'un ETF large.
Le risque de change existe même si l'ETF est coté en euros : s'il contient des entreprises américaines, sa valeur dépend en partie du dollar. Une baisse du dollar face à l'euro peut réduire votre performance, et inversement.
Enfin, certains ETF sont complexes : ETF à effet de levier, qui amplifient chaque jour les variations, ou ETF « short », qui gagnent quand le marché baisse. Ils sont conçus pour des professionnels et du très court terme, et ne conviennent pas à un débutant.
Bien utilisés, les ETF larges et peu chers restent l'un des outils les plus simples pour investir sur le long terme : investir régulièrement, sur plusieurs années, sans chercher à deviner le bon moment.
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