Parcours pédagogique Module 4 · environ 10 minutes · Klar+

Construire un premier portefeuille

Les fondations, l'horizon, la répartition, l'investissement régulier et le suivi : les principes pour passer de la théorie à un premier portefeuille, sans recette toute faite. Chaque partie a son visuel, un exemple et une question pour vérifier que c'est clair.

1. Avant d'investir : les fondations

Épargne de précaution3 à 6 mois de dépenses, disponible (livret) Projets prochesargent nécessaire dans moins de 5 ans Investissementau moins 5 à 8 ans
On construit par la base : la Bourse n'arrive qu'au sommet, avec l'argent dont on n'aura pas besoin avant longtemps.
En bref

Avant d'acheter une première action ou un premier ETF, on met de côté une épargne de précaution disponible à tout moment, et l'on n'investit en Bourse que l'argent dont on n'aura pas besoin avant plusieurs années.

Exemple réel. Même les actifs les plus stables du catalogue restent cotés en Bourse : leur valeur varie chaque jour. Ils ne remplacent pas une épargne disponible.

Avant d'investir, la première étape est de se constituer une épargne de précaution : l'argent qui permet de faire face à un imprévu, comme une panne, une facture médicale ou une période sans revenus. On recommande généralement l'équivalent de trois à six mois de dépenses, placé sur un livret disponible à tout moment, comme le Livret A.

Cette épargne n'a pas vocation à rapporter beaucoup : elle sert à ne jamais devoir vendre ses placements au pire moment. Un imprévu qui tombe pendant une baisse des marchés obligerait sinon à vendre à perte ce qui aurait pu remonter.

Il est aussi prudent de rembourser d'abord les crédits à taux élevé, comme certains crédits à la consommation : leur coût dépasse souvent ce que l'on peut espérer gagner en Bourse. Enfin, les projets proches, comme un apport immobilier dans deux ans, relèvent d'une épargne disponible ou peu risquée, pas des actions.

À retenir : on n'investit en Bourse que l'argent dont on n'aura pas besoin avant au moins cinq à huit ans, une fois l'épargne de précaution en place.

Question de compréhensionTout votre argent est placé en Bourse. Un imprévu de 1 500 € arrive pendant une baisse des marchés. Quel est le risque ?

2. Horizon et tolérance au risque

5 ans Moins de 5 ansépargne disponible ou peu risquée Au moins 5 à 8 ansactions et ETF
Le temps est le meilleur allié d'un investisseur en actions : il laisse aux marchés le temps de se remettre des baisses.
En bref

L'horizon, c'est le temps pendant lequel l'argent peut rester placé. La tolérance au risque, c'est la baisse que vous pouvez supporter sans vendre. Les deux décident de la place à donner aux actions.

Exemple réel. Sur Klar, un ETF monde et le Bitcoin n'ont pas du tout la même stabilité. Le questionnaire « Par où commencer » vous aide à situer votre propre profil.

Faire le questionnaire « Par où commencer »

L'horizon de placement est la durée pendant laquelle vous pouvez laisser votre argent investi sans y toucher. Plus il est long, plus les actions deviennent adaptées : sur une journée ou une année, leur prix peut beaucoup baisser ; sur de nombreuses années, il a tendance à suivre la santé des entreprises. Pour de l'argent nécessaire dans moins de cinq ans, la Bourse n'est pas le bon outil.

La tolérance au risque est plus personnelle : c'est la baisse que vous pouvez voir sur votre écran sans paniquer ni vendre. Les marchés ont connu de fortes chutes, en 2008, en 2020 ou en 2022. Un portefeuille qui perd 20 % ou 30 % en quelques semaines, cela arrive. Mieux vaut savoir à l'avance comment vous réagiriez.

Ces deux critères se combinent. Un horizon long avec une faible tolérance au risque peut conduire à garder une part plus importante en placements stables ; un horizon long avec une bonne tolérance peut accepter davantage d'actions. Il n'existe pas de bonne réponse universelle : c'est votre situation qui compte.

À retenir : avant de choisir quoi acheter, demandez-vous pendant combien de temps vous pouvez laisser l'argent placé, et quelle baisse vous supporteriez sans vendre.

Question de compréhensionVous aurez besoin de cet argent dans 18 mois pour un apport immobilier. La Bourse est-elle adaptée ?

3. Le cœur et les satellites

En bref

Une approche répandue pour débuter : un « cœur » de 80 à 90 % placé sur un ou deux ETF larges, et quelques « satellites », 10 à 20 % en actions choisies avec soin.

Exemple réel. Ces ETF larges du catalogue peuvent servir de cœur de portefeuille, dans un PEA pour le premier, sur un compte-titres pour les deux autres.

Beaucoup d'investisseurs débutants adoptent une approche dite « cœur-satellites ». Le cœur, qui représente la majorité du portefeuille, souvent 80 à 90 %, est placé sur un ou deux ETF larges, par exemple un ETF monde. C'est la base stable, investie régulièrement, à laquelle on ne touche pas.

Les satellites, 10 à 20 % du total, sont consacrés à quelques actions choisies avec soin. Cette poche permet d'apprendre, de suivre des entreprises qui vous intéressent et d'exprimer vos convictions, sans mettre en danger l'ensemble si l'une d'elles déçoit. Elle vous montre aussi, avec le temps, si vos choix font vraiment mieux que votre ETF.

Attention à la fausse diversification. Ajouter un ETF S&P 500 à un ETF MSCI World ne diversifie presque pas : les entreprises américaines représentent déjà environ 70 % du MSCI World. Et si vous souhaitez une part de cryptos, elle reste en général modeste, car leur stabilité est très faible.

À retenir : un cœur simple et large, des satellites limités, et aucune obligation d'en avoir. Pour débuter, un seul ETF large suffit souvent.

Question de compréhensionVous détenez un ETF MSCI World et vous ajoutez un ETF S&P 500. Diversifiez-vous davantage ?

4. Investir régulièrement

En bref

Investir la même somme chaque mois, quoi qu'il arrive, évite de chercher le « bon moment » pour acheter. On achète plus de parts quand les prix baissent, moins quand ils montent.

Exemple réel. Le portefeuille simulé de Klar permet de s'entraîner avec 10 000 € fictifs, et le simulateur montre ce que donnent des versements mensuels sur la durée.

Personne ne sait prédire de façon fiable le bon moment pour acheter. Plutôt que d'essayer, de nombreux investisseurs versent la même somme à intervalle régulier, par exemple chaque mois. On parle d'investissement programmé.

Comme la somme est fixe en euros, vous achetez automatiquement plus de parts quand le prix est bas, et moins quand il est haut. Votre prix moyen d'achat se lisse dans le temps. Surtout, vous n'avez plus à vous demander s'il faut attendre une baisse : la décision est prise une fois pour toutes.

L'investissement programmé est aussi une discipline. Il continue pendant les baisses, qui sont justement les moments où l'on est tenté de tout arrêter. Automatiser le versement, par exemple le lendemain de la paie, aide à s'y tenir.

Pensez enfin aux frais : pour de petits montants investis chaque mois, les frais de courtage payés à chaque achat peuvent peser lourd. Comparez-les, comme vu dans les modules 2 et 3.

Question de compréhensionLes marchés baissent de 15 %. Que fait un investissement programmé ?

5. Suivre, rééquilibrer, tenir

CibleUn an plus tardRééquilibré 85 / 15 78 / 22 85 / 15
Exemple fictif. Bleu : ETF large ; rose : actions en satellite. Les nouveaux versements vont vers la poche qui est en retard.
En bref

Un portefeuille se regarde rarement : une ou deux fois par an, on vérifie que la répartition reste proche de celle choisie, et on corrige doucement. Le reste du temps, on laisse faire le temps.

Exemple réel. Les scénarios « Et si… ? » du portefeuille simulé Klar montrent à quoi ressemblent un krach ou une forte volatilité, pour s'y préparer avant de les vivre.

Voir un krach dans un portefeuille

Avec le temps, les différentes parties d'un portefeuille évoluent à des rythmes différents. Si vos actions montent plus vite que votre ETF, elles finissent par peser plus lourd que prévu, et le portefeuille devient plus risqué que ce que vous aviez choisi.

Rééquilibrer consiste à revenir vers la répartition de départ. La façon la plus simple est d'orienter les nouveaux versements vers la poche qui est en retard, plutôt que de vendre. Une vérification une ou deux fois par an suffit largement.

Entre deux vérifications, le plus difficile est souvent de ne rien faire. Les actualités, les rumeurs et les baisses spectaculaires donnent envie d'agir ; la plupart du temps, réagir à chaud fait plus de mal que de bien. Revoyez votre stratégie quand votre situation change (revenus, projets, horizon), pas quand les marchés s'agitent.

Ce module termine le parcours. Klar vous a donné les bases pour comprendre ; il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation. Pour un avis personnalisé sur votre patrimoine, rapprochez-vous d'un conseiller en investissements financiers agréé.

Question de compréhensionAprès une forte hausse, vos actions représentent 22 % de votre portefeuille au lieu des 15 % prévus. Quelle est la solution la plus simple ?

Quiz

Deux bonnes réponses sur trois suffisent pour valider le module. Chaque réponse est expliquée.

Chargement du quiz…

Contenu pédagogique. Les répartitions et montants présentés sont des exemples fictifs, à explorer et non à reproduire. Klar ne fournit pas de conseil en investissement : pour un avis adapté à votre situation, consultez un conseiller en investissements financiers agréé.