Le PEA, mode d'emploi
L'enveloppe fiscale pensée pour les actions européennes : qui peut l'ouvrir, ce qu'on peut y mettre, la règle des cinq ans et comment s'en servir. Chaque partie a son visuel, un exemple réel et une question pour vérifier que c'est clair.
Module complété1. Une enveloppe, pas un placement
Le PEA (plan d'épargne en actions) n'est pas un placement : c'est une enveloppe, un compte spécial dans lequel vous achetez des actions ou des ETF. Il change la fiscalité, pas ce que vous achetez.
Exemple réel. Ces actifs du catalogue peuvent entrer dans un PEA. Le filtre « PEA éligible » du catalogue les regroupe tous.
Voir les actifs éligibles au PEALe PEA, pour plan d'épargne en actions, a été créé par l'État en 1992 pour orienter l'épargne des Français vers les entreprises européennes. Ce n'est pas un produit que l'on achète : c'est un compte spécial, ouvert dans une banque ou chez un courtier, dans lequel on place ensuite des actions ou des ETF. Ce que vous gagnez dépend de ce que vous mettez dedans ; ce que le PEA change, c'est l'impôt.
En dehors d'un PEA, sur un compte-titres ordinaire, chaque dividende et chaque plus-value est imposé l'année où vous le touchez. Dans un PEA, les gains restent dans l'enveloppe sans impôt immédiat : vous pouvez vendre une action pour en acheter une autre, ou encaisser des dividendes, sans rien payer tant que l'argent ne sort pas du plan.
En contrepartie, le PEA a ses règles : un plafond de versements, une liste de titres autorisés et un délai de cinq ans pour profiter pleinement de l'avantage fiscal. Les parties suivantes les détaillent une par une.
À retenir : le PEA est une enveloppe fiscale. On choisit d'abord où l'ouvrir, puis ce que l'on place dedans, parmi les actions et les ETF éligibles.
Question de compréhensionDans votre PEA, vous vendez une action avec 500 € de gain pour en acheter une autre. Devez-vous payer un impôt cette année ?
Dans un PEA, les ventes et les achats à l'intérieur du plan ne déclenchent aucun impôt. La fiscalité ne s'applique qu'au moment où l'argent sort du plan, et elle dépend alors de l'âge du PEA.
2. Qui peut en ouvrir un, et combien y verser ?
Tout majeur domicilié fiscalement en France peut ouvrir un PEA, un seul par personne. On peut y verser jusqu'à 150 000 € ; ce plafond porte sur les versements, pas sur la valeur du plan.
Exemple réel. Un PEA peut accueillir, par exemple, un ETF monde éligible et des actions européennes du catalogue.
Pour ouvrir un PEA, il faut être majeur et domicilié fiscalement en France. Chaque personne ne peut détenir qu'un seul PEA classique : un couple peut donc en avoir deux, un par membre. Un jeune majeur encore rattaché au foyer fiscal de ses parents peut ouvrir un PEA dit « jeune », limité à 20 000 € de versements.
Le plafond d'un PEA classique est de 150 000 €. Il concerne l'argent que vous versez, pas la valeur du plan : si vos placements prennent de la valeur, votre PEA peut dépasser 150 000 € sans aucun problème. Vous ne pouvez simplement plus y ajouter d'argent une fois vos versements arrivés au plafond.
Les versements se font uniquement en euros : on ne peut pas transférer dans un PEA des actions déjà détenues ailleurs. Ils peuvent être ponctuels ou programmés chaque mois, du montant de votre choix. Il existe aussi un PEA-PME, destiné aux petites et moyennes entreprises : avec le PEA classique, le total des versements ne peut pas dépasser 225 000 €.
À retenir : un seul PEA par personne, 150 000 € de versements au maximum, et une valeur qui peut monter au-delà sans limite.
Question de compréhensionVos versements sur votre PEA atteignent 150 000 € et le plan vaut aujourd'hui 190 000 €. Que se passe-t-il ?
Le plafond porte sur les sommes versées, pas sur la valeur du plan. Une valeur supérieure à 150 000 € grâce aux gains est parfaitement normale ; seuls de nouveaux versements deviennent impossibles.
3. Ce qu'on peut mettre dans un PEA
Un PEA accepte les actions d'entreprises dont le siège est dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen, et les fonds ou ETF investis à plus de 75 % dans ces entreprises.
Exemple réel. Même indice MSCI World : l'ETF d'Amundi est éligible au PEA grâce à sa réplication synthétique, celui d'iShares non. Il est en revanche moins cher.
Un PEA accepte les actions d'entreprises dont le siège se trouve dans l'Union européenne ou dans l'Espace économique européen (qui ajoute la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein). LVMH, ASML ou SAP peuvent donc y entrer ; Apple, Nestlé (Suisse) ou Shell (Royaume-Uni) non, faute de siège dans ces pays.
Il accepte aussi les fonds et les ETF qui investissent plus de 75 % de leurs actifs dans ces entreprises. C'est là qu'intervient la réplication synthétique vue dans le module 2 : un ETF peut détenir un panier d'actions européennes, respecter ainsi la règle des 75 %, et recevoir par un swap la performance d'un indice mondial ou américain. C'est ce qui permet d'investir sur le monde entier depuis un PEA.
Restent exclus, notamment : les actions américaines ou asiatiques achetées en direct, les obligations, les cryptos et les ETF qui ne respectent pas la règle des 75 %.
Éligible ne veut pas dire meilleur. Pour un même indice, un ETF éligible au PEA peut coûter plus cher qu'un ETF qui ne l'est pas. Tout dépend de ce que vous cherchez : l'avantage fiscal du PEA sur le long terme, ou des frais plus bas sur un compte-titres.
Question de compréhensionDepuis votre PEA, vous voulez investir dans les grandes entreprises américaines. Comment faire ?
Les actions américaines achetées en direct ne sont pas éligibles. En revanche, des ETF respectent la règle des 75 % d'actions européennes tout en versant, par un swap, la performance d'un indice américain comme le S&P 500. Ils sont signalés « PEA » dans le catalogue Klar.
4. La règle des 5 ans
Le PEA révèle tout son intérêt après 5 ans : les gains sont alors exonérés d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restent dus. Avant 5 ans, un retrait ferme le plan.
Exemple réel. Les taux évoluent avec les lois de finances : en 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus du capital sont passés de 17,2 % à 18,6 %.
Le compteur des cinq ans démarre au premier versement sur le plan. C'est pourquoi beaucoup d'épargnants ouvrent un PEA tôt, parfois avec un petit montant, simplement pour faire démarrer ce délai.
Avant cinq ans, tout retrait entraîne la clôture du plan, sauf dans les cas prévus par la loi : licenciement, invalidité, mise à la retraite anticipée, ou création ou reprise d'une entreprise dans les trois mois. Les gains sont alors imposés : en 2026, 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 %, ou le barème progressif de l'impôt sur option.
Après cinq ans, les retraits partiels sont possibles sans fermer le plan, et vous pouvez continuer à verser dans la limite du plafond. Les gains retirés sont exonérés d'impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux s'appliquent, soit 18,6 % en 2026. Il est aussi possible de sortir en rente viagère, exonérée d'impôt sur le revenu.
Attention, « exonéré d'impôt » ne veut pas dire « sans risque » : les actions et les ETF du plan peuvent perdre de la valeur. Et les règles fiscales peuvent changer, comme l'a montré la hausse des prélèvements sociaux en 2026. Le PEA reste avant tout un outil pour de l'argent dont on n'aura pas besoin avant plusieurs années.
Question de compréhensionAu bout de 3 ans, vous retirez 1 000 € de votre PEA pour un achat imprévu, sans être dans un cas d'exception. Que se passe-t-il ?
Avant cinq ans, hors cas prévus par la loi, un retrait entraîne la fermeture du PEA : tous les gains sont imposés et le compteur des cinq ans est perdu. D'où l'importance de garder une épargne de précaution disponible en dehors du PEA.
5. Ouvrir, alimenter, transférer
On ouvre un PEA dans une banque ou chez un courtier, on l'alimente librement, et on peut le transférer ailleurs sans perdre son ancienneté. Le fermer pour le rouvrir, en revanche, remet le compteur à zéro.
Exemple réel. Pour investir chaque mois dans un PEA, de nombreux épargnants choisissent un ETF large et éligible. Le simulateur montre ce que donnent des versements réguliers sur la durée.
Simuler des versements mensuelsOn peut ouvrir un PEA dans une banque traditionnelle, une banque en ligne ou chez un courtier. Avant de choisir, comparez les frais de courtage (payés à chaque achat ou vente), les éventuels frais de tenue de compte, et le choix d'actions et d'ETF proposés. Klar ne recommande aucun établissement : ce sont vos critères qui comptent.
Pour alimenter le plan, vous pouvez faire des versements ponctuels ou programmer un versement chaque mois. Investir un peu régulièrement évite de chercher le « bon moment » pour acheter, ce que personne ne sait faire de façon fiable. Avant de commencer, gardez une épargne de précaution disponible en dehors du PEA, par exemple sur un livret, pour ne jamais avoir à retirer avant cinq ans.
Si vous changez d'avis sur votre établissement, vous pouvez transférer votre PEA vers un autre, avec tout ce qu'il contient, sans perdre son ancienneté fiscale. Les frais de transfert sont encadrés par la loi. Surtout, ne fermez pas votre PEA pour en rouvrir un ailleurs : le compteur des cinq ans repartirait de zéro.
À retenir : un PEA s'ouvre tôt, s'alimente régulièrement, se transfère si besoin, et se garde longtemps. Le module 4 montre comment construire un premier portefeuille, dans un PEA ou ailleurs.
Question de compréhensionVotre PEA a 4 ans et vous voulez changer de banque. Quelle est la meilleure option ?
Le transfert conserve l'ancienneté fiscale du plan : vos 4 années comptent toujours. Fermer le PEA déclencherait l'imposition des gains et remettrait le compteur à zéro.
Quiz
Deux bonnes réponses sur trois suffisent pour valider le module. Chaque réponse est expliquée.
Contenu pédagogique. Règles et taux en vigueur en 2026, d'après service-public.gouv.fr et la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ; ils peuvent évoluer. Klar ne fournit pas de conseil fiscal ni de conseil en investissement.