Actions vs ETF : que choisir quand on commence à investir ?
Acheter des actions d'Apple ou de LVMH, ou miser sur un ETF qui en contient des centaines ? C'est souvent la première vraie question du débutant. La réponse dépend moins du produit que de vous : votre temps, votre tolérance au risque et vos objectifs.
Deux façons d'investir en bourse
L'action : une part d'une entreprise
Acheter une action, c'est devenir copropriétaire d'une entreprise précise. Si elle se développe et gagne plus d'argent, la valeur de votre action a de bonnes chances de progresser, et vous pouvez toucher une partie de ses bénéfices sous forme de dividendes. Si elle traverse des difficultés, votre action peut baisser fortement, voire perdre toute sa valeur en cas de faillite.
L'ETF : un panier d'entreprises
Un ETF regroupe des dizaines, des centaines ou des milliers d'actions en un seul produit, en suivant un indice comme le CAC 40 ou le MSCI World. Vous n'êtes plus exposé au sort d'une seule entreprise, mais à celui de tout un marché. Pour une présentation complète, lisez notre guide des ETF.
La comparaison point par point
| Critère | Action | ETF |
|---|---|---|
| Diversification | Nulle : une seule entreprise | Élevée : des centaines d'entreprises |
| Risque spécifique | Fort : une mauvaise nouvelle peut faire chuter le titre de 30 % | Faible : l'impact d'une entreprise est dilué |
| Temps nécessaire | Important : suivre les résultats, l'actualité, la concurrence | Faible : quelques minutes par trimestre |
| Frais courants | Aucun après l'achat | Frais annuels (TER), souvent 0,05 % à 0,40 % |
| Potentiel | Peut faire beaucoup mieux… ou beaucoup moins bien que le marché | Suit le marché, ni plus ni moins (hors frais) |
| Fiscalité en PEA | Actions européennes éligibles | ETF éligibles, y compris sur les États-Unis ou le monde |
Le vrai sujet : le risque de concentration
L'histoire boursière est pleine d'entreprises qui semblaient invincibles et qui ont décliné : leaders de la téléphonie mobile dépassés par le smartphone, distributeurs balayés par le commerce en ligne, banques emportées par la crise de 2008. Même parmi les grandes valeurs d'aujourd'hui, des baisses de 50 % ou plus ne sont pas rares : Meta a perdu plus de 70 % en 2022 avant de rebondir, Novo Nordisk a fortement reculé à partir de 2024.
Avec une seule action, une mauvaise surprise peut effacer des années de gains. Avec un ETF large, les entreprises qui déclinent sont progressivement remplacées dans l'indice par celles qui montent. C'est un mécanisme de renouvellement automatique dont vous profitez sans rien faire.
Choisir des actions individuelles, c'est parier que vous saurez identifier les gagnants mieux que le marché. Sur le long terme, une large majorité des fonds gérés par des professionnels n'y parviennent pas après frais.
Quand les actions individuelles ont du sens
Investir en actions n'est pas une erreur, à condition de savoir pourquoi vous le faites :
- vous aimez comprendre les entreprises et vous êtes prêt à y consacrer du temps ;
- vous acceptez de voir une ligne perdre 30 % ou 40 % sans paniquer ;
- vous voulez vous exposer à une conviction précise (un secteur, une entreprise que vous connaissez bien) ;
- vous recherchez des dividendes réguliers de sociétés solides.
Les fiches Klar vous aident à évaluer chaque entreprise : le score débutant indique si son activité est facile à comprendre, le score de stabilité donne une idée de sa volatilité passée. Coca-Cola ou L'Oréal ne se comportent pas du tout comme Tesla ou NVIDIA.
La stratégie « cœur et satellites »
Beaucoup d'investisseurs n'ont pas à choisir : ils combinent les deux avec une approche dite « cœur-satellites ».
Le cœur : 80 à 90 % en ETF
La majorité du portefeuille est placée sur un ou deux ETF larges, par exemple un ETF monde. C'est la base stable, investie régulièrement, que vous ne touchez pas.
Les satellites : 10 à 20 % en actions
Le reste est consacré à quelques actions choisies avec soin. Cette poche vous permet d'apprendre, d'exprimer vos convictions et de suivre des entreprises qui vous intéressent, sans mettre en danger l'ensemble de votre épargne si l'une d'elles déçoit.
Cette approche a un autre avantage : elle vous montre, avec le temps, si vos choix d'actions font réellement mieux que votre ETF. C'est une excellente école d'humilité.
Notre avis pour débuter
Si vous commencez tout juste, l'ETF est le choix le plus simple et le plus robuste : il vous apporte une diversification immédiate, demande peu de temps et vous évite les erreurs de sélection. Une fois à l'aise, vous pourrez ajouter progressivement quelques actions en satellite. Ce qui compte le plus reste d'investir régulièrement, sur une longue durée, avec de l'argent dont vous n'avez pas besoin à court terme.
Chaque situation est différente : pour un avis adapté à votre patrimoine et à vos objectifs, rapprochez-vous d'un conseiller financier agréé.
À titre informatif.