Lire un graphique de Bourse sans se faire piéger
Un graphique de cours paraît limpide : la courbe monte, c'est bien ; elle descend, c'est mal. En réalité, la même action peut raconter deux histoires opposées selon la façon dont on la montre. Voici les trois réflexes à prendre.
Réflexe 1 : regarder la période
Une hausse de 40 % sur six mois peut arriver juste après une chute de 70 % : sur dix ans, le cours reste alors bien en dessous de son point de départ. Avant de conclure, élargissez toujours la période : un an, cinq ans, puis la période maximale disponible.
Réflexe 2 : lire l'échelle
Quand l'axe vertical ne part pas de zéro, une variation de 100 € à 106 € peut remplir tout le graphique et donner l'impression d'une envolée. Ce n'est pas un mensonge, mais l'impression visuelle trompe. Lisez les valeurs de l'axe et calculez la variation : (arrivée − départ) ÷ départ × 100.
Réflexe 3 : comparer en base 100
Pour comparer deux placements de prix différents, on les ramène à la même base : 100 au départ. Une courbe qui finit à 130 a gagné 30 %, une courbe qui finit à 90 a perdu 10 %, quel que soit le prix réel de la part. C'est la seule façon honnête de comparer une action à 20 € et une autre à 400 €.
Ce que la forme de la courbe vous dit
- La tendance : la direction générale, au-delà des creux et des bosses.
- La volatilité : l'ampleur des à-coups. Deux placements peuvent finir au même niveau, l'un après un parcours régulier, l'autre après des montagnes russes.
- Les plus fortes baisses : de combien le cours a chuté depuis un sommet, et combien de temps il a mis à remonter. Rappel : après −50 %, il faut +100 % pour revenir au départ.
Un graphique raconte le passé, il ne prédit pas l'avenir. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Les pièges des publicités
Les publicités pour des placements douteux montrent presque toujours une courbe qui ne fait que monter, sur une période courte et soigneusement choisie, sans échelle lisible. Face à ce type de graphique, cherchez le même actif sur une longue période : les chutes qu'on ne vous montre pas apparaissent souvent.
À titre informatif.